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R. Isabelle

REFLEXION Il arrive un âge où on se met à réfléchir sur son passé et sur soi-même. Pour moi, le début de cette remise en question a eu lieu en 2005. De la prime enfance, en passant par l’adolescence, de la vie de jeune fille à la vie de femme, de la vie de femme à la vie de mère… tous les paysages s’enchainent, certains d’une rare beauté dont je me délecte dans mes rêveries, d’autres dont l’image lointaine me renvoie un soupçon de déplaisir, totalement absent du ressenti de l’époque. Ce déplaisir est purement olfactif. Toute la maison, la voiture, les vêtements de mes parents et grands-parents, ainsi que les miens avaient une même odeur pestilencielle … Pourquoi la même, et surtout laquelle ?

Cette odeur, je ne savais pas ce que c’était à l’époque. Le seul souvenir qu’il me reste est que cela sentait mauvais, et que parfois, j’étais gênée pour respirer. Cela dit, je ne m’inquiétais pas trop… j’étais asthmatique, et le manque de souffle, je commençais à savoir le gérer… Ils avaient tous un point commun ces paysages au premier abord si différents… Ce point commun se représente aisément par un tube blanc avec un bout jaune, mesurant une dizaine de centimètres, et se trouvant entre la main et la bouche de chaque personnage présent dans ces clichés stockés dans ma mémoire, et faisant également partie de ma vie depuis l’âge de 18 ans… Ce tout petit ustensile, à première vue anodin quand il est simplement dans sa boîte… s’avère être d’une dangerosité explosive lorsqu’il est allumé et porté en bouche… S’il est dangereux… il faut que je m’en sépare… Oui, mais comment ? Je ne sais pas, mais je vais chercher, me renseigner… approfondir la question… il faut que ma volonté prenne le dessus… mais pour cela, il faut comprendre pourquoi j’ai envie de m’en séparer, et pourquoi je n’y parviens pas.

LA NICOTINE OU COMMENT LE TABAGISME ET LA NICOTINE CRÉENT LA DÉPENDANCE Au fil des mes lectures, j’ai lu et appris beaucoup de notions sur le fonctionnement du corps humain et de la psychologie, qui m’étaient totalement inconnues jusqu’alors. La nicotine est une substance naturelle de la plante appelée tabac. Le tabac est la seule plante au monde contenant de la nicotine. C’est une drogue redoutable parce qu’elle resserre son emprise sur mon corps et mon esprit d’une façon très subtile. Elle produit un effet agréable au mon cerveau (en stimulant la production de dopamine) sans en perturber le comportement (je ne suis pas euphorique, dépressive ou somnolente, et je n’ai pas d’hallucination… je reste normale). Cette dépendance, physique et psychique, se traduit bien souvent par des symptômes déplaisants, lorsque la quantité de nicotine devient insuffisante dans mon organisme (quand je ne peux pas fumer par exemple). Pourquoi ? Depuis que j’ai commencé à fumer, j’ai appris à mon cerveau à produire et à gérer ses endorphines principalement à l’aide de la nicotine dont j’ai besoin pour me sentir bien. À chaque cigarette que je fume, j’inhale en moyenne 10 à 12 bouffées. Donc, à chaque cigarette, je m’injecte une dizaine de fois une drogue qui contribue à mon soi-disant bien-être.

Eh oui, la cigarette n’est rien d’autre qu’une sorte de seringue buccale. Depuis le début, chacune des bouffées a été associée positivement par mon cerveau à l’événement ou à la situation que j’ai vécu sur le moment. Peu importe si j’éprouve du plaisir, si je m’ennuie, si je suis stressée, si j’ai de la peine ou si je suis en colère…. je compte sur la cigarette…, car je sais au fond de moi (mais c’est faux… et dirigé par mon inconscient) , que j’ai besoin d’elle pour m’aider à me sentir mieux. Donc, en plus d’avoir rendu mon cerveau dépendant physiquement d’une drogue extérieure, je l’ai programmé psychiquement, à associer la cigarette à toutes les situations, qu’elles soient joyeuses ou tristes. Je suis donc coincée de tous les côtés, mais il faut que ça cesse.   DECISION En me connectant sur internet, j’apprends qu’il existe des centres anti-tabac dans les hôpitaux de ma région. Je décide donc de m’y rendre en compagnie de mon cher et tendre époux, qui bien sûr est d’accord pour entreprendre ensemble le renoncement à cette drogue. Je prends donc rendez-vous pour nous deux. Le jour J…. nous rentrons dans un bureau loin d’être chaleureux, mais heureusement… le sourire du médecin femme est apaisant .

Pour évaluer notre dépendance au tabac, elle nous fait passer le test de Fagerström, où elle découvre une forte dépendance à la nicotine (7 pour moi, et 8 pour mon époux). Ce test consiste à poser les questions suivantes, dont les réponses (oui/non) sont associées à des nombres, que l’on additionne pour avoir le niveau de cette dépendance (de 0 pour un non fumeur, à 10 pour un très très gros fumeur) :   A ce test, je suis à 7 et mon mari à 8, donc nous sommes tous les deux fortement dépendants… Elle nous fait ensuite souffler dans un appareil pour évaluer notre taux de monoxyde de carbone dans le sang… En effet, plusieurs marqueurs biologiques sont utilisés en tabacologie. Si la cotinine mesurée au niveau urinaire ou salivaire est le marqueur spécifique de choix pour distinguer les fumeurs des non-fumeurs, la mesure de la carboxyhémoglobine (HbCO) sérique et surtout du monoxyde de carbone (CO) dans l’air expiré sont largement utilisés en pratique. En effet, la mesure du CO expiré (COE) est une méthode simple, immédiate et non invasive pour déterminer le statut tabagique des fumeurs. Il va bien falloir qu’on sache… Alors on va souffler… Après une inspiration profonde suivie d’une apnée de huit à dix secondes au minimum (ou mieux de 15 à 20 secondes), elle nous a fait expirer en continu par la bouche dans l’embout à usage unique de l’analyseur de CO (expiration calme de cinq à dix secondes). Le résultat est sans appel, et confirme bien le résultat du test de Fagerström : nous sommes donc tous les deux très dépendants de ce petit tube blanc à bout jaune, et il est grand temps de penser à s’en séparer par tous les moyens. La décision est prise. Il faut qu’on arrête de fumer.

ACTION Après quelques échanges, une ordonnance rédigée à main levée pour 15 jours de traitement, et nous partons d’un pas décidé à la pharmacie, gonflés d’une volonté d’enfer, qui bien sûr… s’est traduite par la prise d’une cigarette à la sortie de l’hôpital (nicotine quand tu nous tiens !!!) … Le nom du fameux médicament miracle soit-disant… (sans vouloir faire d’humour de bas étage, à l’époque il faisait un tabac…) rappelle les champ….(s) de tournesols bien connus de nos campagnes. Pour ceux qui connaissent… ce nom ne leur échappera pas. Pendant les 6 premiers mois… en effet… le nombre de cigarettes avait chuté de plus de la moitié, et bien sûr le taux de monoxyde de carbone mesuré tous les mois baissait lui aussi… ce qui nous satisfaisait pleinement, et entretenait notre volonté pour continuer ce combat, car ne l’oublions pas… c’en est bien un… Au bout de 8/9 mois… apparaissent quelques sensations de malaises, vertiges, moments de déprime, moments de désoeuvrement, ce qui n’était pas du tout dans nos habitudes… alors qu’il ne sous restait qu’une dizaine de cigarettes par jour, et qu’en fait, nous étions contents du résultat. Devant aller chez le docteur pour le suivi mensuel… nous nous y rendons… pensant qu’il fallait simplement adapter le traitement pour éviter ces effets secondaires très désagréables que nous ressentions. A notre grand étonnement, rien ne fût comme nous l’avions prévu… notre tabacologue nous a été fortement conseillé de tout arrêter, car des analyses très poussées sur ce médicaments étaient sorties entre temps… et démontraient que le suicide intervenait de temps en temps lors de la prise de ce dernier (dixit le médecin). Nous avons ensuite testé un autre médicament miracle… mais là… vomissement, maux d’estomac… impossible de continuer. Et pourtant… il fallait bien que nous arrivions à nos fins… mais apparemment, ce n’était pas si simple que nous le pensions au départ. Des «patch»(s) avec un taux assez fort de nicotine (le nombre de mg m’échappe) nous ont donc été prescrits également, avec en complément des gommes, et des inhaleurs de nicotine, vendus en pharmacie.

Nous les avons mis tous les matins, enlevé la nuit… mais bon…. le résultat n’a pas été probant. Constat après 15 jours de traitement… de plus en plus envie de fumer… rachats de paquets dans la semaine qui a suivi… et nous sommes retombés à fond dans le tabac. L’envie d’arrêter ce poison était toujours présente, mais du fait de notre déception des efforts précédents non récompensés… la volonté s’amoindrissait… Il a fallu prendre le temps de se ressaisir… Dans notre essai non concluant, il y avait quand même du positif non négligeable… Au cours de cette tentative de sevrage, nous avons pris la décision de limiter les endroits autorisés pour la cigarette. Du coup, nous ne fumions plus dans la voiture, dans les bureaux et dans la chambre. C’était un plus, un pas en avant… Combat tu continues…. Volonté tu reviens….

RENCONTRE AVEC LA CIGARETTE ELECTRONIQUE En 2012, venant de déménager dans un autre département, nous prenions plaisir à découvrir les rues de notre région, les magasins divers et variés, les administrations, les commerces d’alimentation…. Et… au hasard de nos balades, nous découvrons un jour, une boutique vendant un objet dont nous avions déjà entendu le nom… mais dont nous ignorions les effets… Nous entrons… Un sourire ravageur vient vers nous (la personne se reconnaitra), nous assaille de questions sur notre manière de fumer, commence à démonter un tube en couleur… pour nous expliquer la base de fonctionnement de ce qu’elle nomme « une cigarette électronique », nous montre en la portant à la bouche, la possibilité de faire de la fumée… sans les dangers du tabac, dont le principal ingrédient que nous connaissons tous… le monoxyde de carbonne. Une quantité impressionnante de petites fioles étaient disposées sur un comptoir. Notre curiosité nous pousse à demander ce que c’était… et la réponse nous a un tantinet surpris. En effet, il s’agissait de senteurs diverses et variées (fraise, framboise, abricot, tabac, menthe, cocktails…), qu’il suffisait de mettre dans un réservoir pour « vapoter »… Vapoter… De retour à la maison, le net étant une source indéfinie de renseignements, nous plongeons chacun de notre côté sur notre navigateur favori… et bien sûr… nous tapons « cigarette électronique ». Notre étonnement s’est avéré sans limite, puisque il existait une quantité indéfinie de pages, ventant les bienfaits de cette découverte, expliquant ce que nous avions déjà retenu de notre précédent entretien, et assurant de la réussite d’un sevrage tabagique sans en avoir les inconvénients.

Ni une ni deux… le lendemain, retour dans cette boutique pour prendre tout le matériel nécessaire au début de notre vapotage. Le début… parlons-en… Nous rentrons avec tout ce qu’il faut, les réservoirs remplis, les batteries chargés, et nous vapotons tranquillement les deux principaux parfums que nous avions goûtés et sélectionnés. Après multiples déboires que je ne développerais pas pour éviter de décourager les peureux… (fuites…, suintages…, glouglous…, mais je vous parle là des cigarettes électroniques de 2012) nous réussissons à trouver un équilibre entre fumage et vapotage.

Au fur et à mesure des jounées… notre quantité de tabac diminuait, sans que nous en ayons vraiment conscience. Aucune sensation de malaise, de manque, de tremblements, d’angoisse… rien. Le tabac etait devenu secondaire pour nous. Nous arrivions même à ne pas penser courir chez notre bien aimé buraliste… Nous n’avons jamais arrêté de vapoter depuis. Quelques périodes de reprises de une ou deux cigarettes nous arrive de temps en temps… mais nous ne trouvons pas ça bon du tout… et n’y voyons aucun intérêt… Il existe l’alcool mondain… Il s’agit là de clopes mondaines dirons-nous…. Incroyable ! C’est extraordinaire… ça fonctionne.

À propos mickaelhammoudi

Mickaël Hammoudi est présent depuis Février 2008 dans le monde de la cigarette électronique, reviewers / bloggers à s'être lancé sur la toile en France en 2008. Autodidacte, il participe alors à créer la première communauté des utilisateurs de cigarettes électroniques. Il a, pendant cette période, fait plus d'une cinquantaine de vidéos sous le pseudonyme Mcortex sur la vape afin d'aider au maximum les fumeurs vapo-sceptique, il a aussi fait entrer le verbe "Vapoter" au dictionnaire en 2014. Il a créé une chaîne de 24 magasins dans la vape, créé 11 emplois et permis à une quinzaine d’enseignes d’exister. Ensuite il s'est consacrer au conseil en entreprise sur les produits de la vape. Fondateur de la première association professionnelle française en 2012, le CACE (FIVAPE) - Collectif des acteurs de la cigarette électronique, il a acquis une forte expérience, en communication, relations publiques et internationales sans compter une solide formation diplomatique depuis 6 ans. Il a participé activement aux négociations et manifestations françaises menées en 2011 (Produit de consommation courante) et européennes menées dès 2013 sur la réglementation de ce jeune secteur, avec la Directive 2014/40 / UE (*) Mickaël Hammoudi a travaillé avec les instances gouvernementales françaises afin de transposer au mieux, la réglementation européenne sur les produits du tabac en France afin rendre la vape la plus accessible possible. Loi santé appliquée depuis le 20 mai 2016. Fervent défenseur de la vape depuis bientôt 10 ans et ancien fumeur, il est désormais vapoteur convaincu, La vape est à ses yeux l’innovation de rupture la plus efficace face aux ravages du tabagisme dans le monde. Impliqué dans la recherche sur les produits de dégradation dans la vape chez son employeur, il y fait des analyses sur les e-liquides. Co-fondateur en 2012 et président du CACE devenu Fivape en 2013, il quitte ses fonctions de secrétaire en octobre 2017 pour se consacrer à la lutte pour défendre la vape comme une alternative aux méfaits du tabac.

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Z.Marie

Sans la vape je n’y serais jamais parvenue. Champix et Ziban ont été que d’un …

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