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R.Florence

J’ai commencé de fumer à la fin de la 5ème, j’avais… 12 ans. Pourtant, personne ne fumait chez moi. Arrivée au bac j’étais à un paquet par jour. Les 10 dernières années, j’étais entre 1 1/2 et 2 paquets (de 25) par jour… J’allais une fois par mois faire le plein au Pas de la Case, à 45 minutes de la maison. Ça me gâchait un dimanche sur quatre. J’ai essayé d’arrêter de fumer à plusieurs reprises. Une fois sans rien. Je m’en souviens encore. À l’époque je dessinais des plans, et vers 15:00 je me suis rendue compte que j’étais complètement obsédée par l’envie de fumer, au point que ça m’empêchait de réfléchir, de penser. J’ai tenu 2 jours. Ensuite avec des patches. Plusieurs fois. Mais je continuais de fumer, comme en cachette de moi-même. Au début juste une clope, vite fait, puis très vite une dizaine, et là je me suis dit que c’était sans doute dangereux, en plus d’être ridicule et inefficace. J’ai laissé tomber. J’ai aussi essayé le zyban. Mais ça me filait envie de me jeter dans l’Ariege. Par contre ça ne m’empêchait pas du tout de fumer ! J’ai même essayé les toutes premières cigarettes électroniques, ces machins en forme de clope qui pesaient trop lourd pour être tenus comme une vraie cigarette. Très décevant. Le liquide avait un goût atroce, et ça ne m’apportait pas le centième du plaisir d’une bonne vieille Lucky. J’avais peur du cancer. Vraiment peur. J’étais tout-à-fait consciente des milliers de produits toxiques ajoutés au tabac pour nous rendre accros. Mais rien n’y faisait, rien ne suffisait à stopper mon addiction. À la fin, je ne supportais plus l’odeur de tabac froid dans mes cheveux, mes vêtements propres, le jaune sur les murs blancs de mon salon… et de mon bureau. Ah oui parce qu’il faut le préciser : je fumais tout le temps et partout. Au travail, au lit, dans la salle-de-bains, en voiture… absolument partout. Un jour que mon dentiste tentait de réparer mes gencives qui se décollaient de mes dents, provoquant un abcès hyper douloureux, il me dit que c’est la faute du tabac. Il me parle aussi des deux dents que je dois remplacer (des molaires dont j’ai cassé la racine à force de grincer des dents), et il me dit qu’il refuse de m’installer des implants tant que je fume : trop de risques de complications post opératoire. Son assistante m’explique, tandis que son patron me charcute, qu’une de ses amies a arrêté de fumer grâce à la cigarette électronique, et me recommande une petite boutique locale. Mouais. Je dis que je vais y réfléchir, sans conviction. Quelques mois plus tard, je suis dans un magasin du Pas de la Case où j’achète mes cartouches de Lucky. Et je vois un rayon de cigarettes électroniques. J’écoute l’air de rien le vendeur conseiller une cliente. Et quand ils terminent leur transaction, je m’approche. Ils vendent des e-liquides étiquetés Marlboro, Camel, etc. Je lui demande lequel prendre pour remplacer mes Lucky. Il me vend un kit et du liquide. Je paie et rejoins mon mari, qui se moque un peu de moi : « N’importe quoi ! Ça ne marchera jamais … » La cigarette électronique et le liquide resteront sagement emballés sur le coin de ma table basse pendant 2 ou 3 semaines. Je les regarde en biais, méfiante, et pas motivée du tout. Je regrette un peu mon achat compulsif en me disant que j’aurais mieux fait de garder mon argent. Il faut dire que je garde un mauvais souvenir de l’ancêtre de cigarette électronique testée il y a un an ou deux. Et puis un dimanche soir, je me décide : demain matin c’est sûr, c’est décidé, j’essaie. Dont acte. Lundi 22 juillet 2013, je n’allume pas de cigarette avec mon café. Non. Je le bois en tirant sur ce machin un peu bizarre. Hop, je me prépare, et je pars travailler. J’ai des paquets de clopes partout (sac à main, voiture, bureau), au pire si ça ne va, j’allumerai une clope. La journée passe sans la moindre envie d’en griller une. Pourtant mon mari est à deux mètres de moi dans notre bureau commun et fume comme un pompier. Et à vrai dire, je suis déçue par ce e-liquide : ça n’a pas du tout le goût d’une clope !! Mais enfin, ça m’empêche d’avoir envie de fumer, et j’aime bien cette vapeur dans ma bouche, dans ma gorge, même si c’est un peu écœurant. Le lendemain le dégoût est encore plus grand, et je me dis que je ne vais pas tenir longtemps à ce rythme. Et à midi, j’ai une illumination : bon sang mais au fait, c’est vrai qu’il y a une boutique pas loin ! Celle dont on m’avait parlé chez le dentiste. J’attends impatiemment la réouverture à 14:00, et file à cette boutique. Là, franchement, j’hallucine … Il y a des centaines de flacons, des gens qui sont là et qui goûtent, qui papotent et échangent à propos de leur expérience et leur vécu dans l’arrêt du tabac. La vendeuse me questionne sur ma consommation de tabac et m’oriente vers le dosage max : 18 mg. Et là elle me fait goûter des tas de liquides : fraise, vanille, etc. QUOI ??? On peut avoir de la nicotine dans un e-liquide sans qu’il ait le goût (pas très ressemblant en plus) du tabac ??? « Ben oui madame, ça n’a rien à voir, il y en a même goût pizza aux Etats-Unis ! » Si j’étais croyante, je crierais Allelujah !! Banco. Je repars avec une dizaine de liquides différents. Après quelques tafs, tous me paraissent insipides, sauf un : le piña colada, qui restera mon all day pendant des mois. Très vite j’achète du meilleur matériel, et j’ai toujours deux vapoteuses sur moi : sécurité de l’approvisionnement (surtout, ne pas tomber en panne !) et rotation des arômes pour ne pas perdre les sensations. À l’arrivée de l’hiver, mon mari se laisse convaincre d’essayer. Par respect pour mon arrêt total (toujours pas touché une cigarette depuis le 22 juillet), il a pris l’habitude d’aller fumer sa clope dehors. Et avec l’arrivée du froid, il se dit que c’est peut-être le moment de tenter le coup. Sans aucune envie d’arrêter de fumer, sans autre motivation que celle de rester au chaud, il se jette à l’eau. Lui il fumait depuis ses 17 ans, et en était à un bon paquet de 25 par jour. Au début, il continue de fumer une clope de temps en temps, disons 5 par jour. Mais ça lui passe vite. Et tout comme moi, il s’arrête complètement de fumer, sans aucun effort. Juillet 2014 : ça fait un an que je ne fume plus. Mon mari ne fume plus non plus. Janvier 2015 : j’embauche un commercial, JP. Il fume des roulées. Comme un pompier. Il roule ses clopes au volant, c’est dire… On lui explique combien ça a été facile d’arrêter, on lui donne l’adresse du magasin. Il nous voit vapoter et se souviens qu’il nous a connus gros fumeurs, il y a quelques années avant qu’il vienne travailler avec nous. Alors il se lance. Et réussit. En six mois il passe de 18 à 0 mg. Puis arrête totalement. Ça fait plus d’un an et il ne fume plus du tout. Mon mari est à 0 mg depuis des lustres, mais n’a pas envie d’arrêter de vapoter, même s’il dit le contraire de temps en temps. Il me pique tout le temps ma vapoteuse, et moi je suis à 3 mg. Je pense qu’il a encore un peu besoin de nicotine. Moi je suis donc à 3 mg, et n’ai plus touché une cigarette depuis 4 ans et 4 mois. Les liquides en 0 mg, je les trouve insipides. Et puis surtout je me moque éperdument de consommer de la nicotine. Je sais que ce n’est pas dangereux. J’ai retrouvé mon souffle (je ne pouvais plus monter un étage sans m’essoufler). J’ai retrouvé mon odorat. Je ne pue plus le tabac froid. Ma peau à changé de couleur, plus rose, moins terne. Mon dentiste dit que j’ai des gencives de bébé 😉 Je vape tout le temps, et partout, mais je m’en moque. C’est un vrai plaisir. Et je me délecte de le montrer aux fumeur-ses dans l’espoir d’en convaincre un maximum de laisser tomber la clope. Je fais de gros nuages en privé, et pas du tout de nuage en public (par respect pour les gens qui m’entourent). Je ne comprends pas la diabolisation de ce formidable outil anti-tabac. Quant aux jeunes, bien sûr il vaudrait mieux qu’ils et elles ne fument ni ne valent jamais. Mais que vaut-il mieux : les laisser tomber dans l’enfer de l’addiction à la clope cancérogène qui tue un consommateur sur deux ou bien leur donner cette alternative. Ne faisons pas n’importe quoi dans ce domaine, et souvenons-nous que le tabac tue, rien qu’en France, autant qu’un avion qui s’écraserait chaque jour … Florence 47 ans : 12 ans d’enfance, 31 ans de tabagisme forcené, et, enfin, 4 ans de liberté dans la vape

À propos Etienne PERSOHN

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E.Amine

La vape m’a beaucoup aidé pour arrêter de fumer, vraiment j’en suis très content, et …

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